LA GOUACHE
: UNE TECHNIQUE A REDÉCOUVRIR
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La gouache reste souvent associée à l'enfance et à la scolarité. Polyvalente, elle permet pourtant d'obtenir un bel éventail d'effets allant de la fluidité de
l'aquarelle à l'onctuosité de l'huile.
Étymologiquement, le mot gouache vient de l'expression "a gouazzo" qui
désignait une technique très utilisée par les peintres italiens de la Renaissance, à savoir, une peinture à l'eau additionnée de liant. La gouache est assez proche de l'aquarelle dont elle reprend la composition générale : gomme arabique, pigments et adjuvants, mais elle comporte une forte proportion de charges (glycérine, sulfate de baryum, fiel de boeuf ou savon liquide) qui lui donne sa consistance.
D'autre part, elle se rapproche de la peinture à l'huile dans sa manipulation, permet d'obtenir de grands aplats mais aussi d'apposer ou de superposer les touches.
Les gouaches donnent des films mats et veloutés, mais très fragiles : ils se rayent et s'arrachent facilement.
Un peu d'histoire
Apparue dès l'antiquité égyptienne sur les papyrus, elle est au
Moyen-âge la peinture des enluminures. Elle est alors souvent additionnée de dextrine et de glycérine, parfois mêlées de sucre candi qui empêche la fermentation. On utilise même du blanc d'oeuf, du vinaigre ou du fiel. Au XVè siècle, elle remplace la craie en "rehauts" dans les dessins sur papiers teintés, en combinaison avec le lavis. Depuis le XVIIè siècle, la gouache est utilisée pour les études de paysages, les maquettes, les esquisses
préparatoires.
Elle favorise au cours du XVIIIè siècle la création de petits ou moyens formats aux effets raffinés. On trouve au XIXè siècle, quelques oeuvres de grand format.
Elle est aujourd'hui d'un usage très courant notamment dans les écoles.
Travailler l'opacité
Plus riche en charges, la gouache peut se travailler de manière presque similaire à l'huile. L'onctuosité de la pâte n'est toutefois pas suffisante pour permettre les techniques propres aux peintures "fortes en pâte" et à la viscosité élevée. Difficile de réaliser fondus, dégradés, et empâtements... De fait, elle s'avère surtout intéressante pour les aplats.
A la gouache, il est possible, contrairement à l'aquarelle, de poser une couleur claire sur une couleur plus foncée lorsque cette dernière est bien sèche. De même, le blanc peut être utilisé pour éclaircir les couleurs et rendre des effets de lumière.
La transparence
La gouache permet aussi de procéder à des
superpositions de lavis de couleur semi-transparente qui, en séchant, donnent une couche là encore mate et veloutée. Diluée dans l'eau, elle acquiert une fluidité similaire à l'aquarelle, mais conserve toujours une certaine consistance en raison de son opacité.
Selon l'effet recherché, on peut éclaircir les couleurs par ajout d'eau qui donne un aspect laiteux semi-opaque ou de blanc qui densifie l'opacité.
Pour vous équiper
- Extra-fines et fines
La caractéristique essentielle de la gouache est son opacité. Pour les gouaches extra-fines, cette opacité provient de leur haute teneur en pigments : les couleurs sont pures et intenses. Leur pouvoir couvrant dépend exclusivement des pigments utilisés et ne fait l'objet d'aucune modification artificielle. Les gouaches fines contiennent une plus faible teneur en pigments et un pigment blanc inerte, tel la craie ou le blanc fixe, qui confère homogénéité et opacité.
- Supports et pinceaux
Le support le plus habituel est le papier (bien qu'une toile puisse être utilisée), se choisit à
grain très fin, soit en surface lisse comme le bristol ou l'ivoirine, pour éviter l'éclatement de la touche. La gouache étant un médium opaque, il n'est pas nécessaire de s'attacher à la blancheur du papier. Le choix du support s'en trouve considérablement élargi.
Évitez toutefois les papiers légers : la gouache étant plus épaisse que l'aquarelle, un support trop fin risque de se déchirer. Le carton, le bois et les toiles apprêtées sont recommandés s'ils ne sont pas gras. Vous pouvez aussi opter pour des papiers de couleur pour pastels.
En ce qui concerne les pinceaux, il n'existe pas de pinceaux spécifiques, poils synthétiques, mixtes
ou naturels, là tout est question de choix personnel.
- Auxiliaires
Souvent méconnus, les médiums pour la gouache vous facilite le travail et accroît les effets.
Fiel de boeuf
Permet à la peinture d'adhérer aux supports gras (plastique, photographie, verre...) ou de dégraisser les fonds pour obtenir une couche de peinture d'une plus grande uniformité.
Mélanger aux couleurs ou appliquer sur le support avec un chiffon léger.
- Fixatif
Apporte un fini mat ou brillant.
- Diluant pour gouache
Sert à rendre la peinture plus
transparente et plus élastique, réduit le risque de fendillement des couches épaisses.
- Médium pour gouache
Améliore l'adhérence de la gouache aux fonds très absorbants et empêche la peinture de s'écailler.
Diluable à l'eau, donne du brillant à la peinture et abaisse son pouvoir couvent.
- Vernis pour papier
Permet d'améliorer l'adhérence des couleurs au support, sert à les rendre "amoureuse" du papier.
- Protecting spray
Protège les oeuvres. Vernis universel à séchage rapide, incolore, qui rend les oeuvres résistantes aux effets de l'humidité.
- Vernis pour gouache
Ravive et rehausse la densité générale des couleurs sans les altérer. Apporte à la peinture un fini mat ou brillant, protège également de la poussière sans modifier l'aspect du support.
A appliquer au vaporisateur ou au pinceau.
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