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HUILE - LA PALETTE DES NOIRS ET DES BLANCS
 
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Les noirs et les blancs sont des couleurs de base aux caractéristiques variées : teinte, pouvoir couvrant et colorant, stabilité dans le temps, compatibilité avec les autres couleurs...
Leur maîtrise sert tant à l'artiste amoureux des glacis que le peintre travaillant en pâte.

Les noirs et les blancs sont rarement employé purs : ils servent généralement à éclaircir et à foncer les couleurs vives, en atténuant toutefois leur éclat. Le peintre à l'huile pourrait presque se passer de noir, à la manière des impressionnistes qui l'ont remplacé par du bleu. C'est aussi une teinte qui peut se fabriquer avec un mélange d'outremer, de vert émeraude, de terre de Sienne et de garance foncée.
Il n'en est pas de même pour le blanc, plus employé que le noir et impossible à recréer par mélange. Il est souvent utilisé pur, en rehaut de lumière.
Le blanc et le noir mélangés sont aussi à la base de différents gris neutres, destinés à mettre en valeur les couleurs vives. Il est recommandé, toutefois, de les teinter d'une pointe de couleur : les gris colorés, plus ou moins chauds ou froids, sont plus éclatants que les gris neutres. De même, pour transcrire une ombre sur vos tableaux, évitez le noir pour lui préférer le ton complémentaire des zones lumineuses.
 

Les blancs des peintres à l'huile

A l'huile, on utilise communément les blancs permanents : le blanc de titane et le blanc de zinc (ou un mélange des deux) et, parfois, le blanc de plomb, appelé aussi blanc de céruse ou d'argent.
Ils sont obtenus par réaction chimique. Ces blancs sèchent lentement, sauf lorsqu'ils sont mélangés avec des couleurs terre à l'huile (ocre jaune, terre de Sienne brûlée, naturelle, etc.).

Le blanc de titane
Découvert en Europe après 1918, le blanc de titane est le blanc le plus employé actuellement. S'il y en a un seul à déposer sur sa palette, c'est bien celui-là : neutre, non toxique, au bon pouvoir couvrant, et offrant une quasi absolue stabilité de la couleur dans le temps, le blanc de titane est aussi indiqué pour les mélanges avec d'autres teintes, mais attention : il est très colorant. On le trouve souvent en mélange avec le blanc de zinc.

Le blanc de zinc
Ce dernier est employé dès le premier siècle de notre ère, mais les peintres ne l'utiliseront vraiment qu'à partir de 1850. Fluide, suffisamment couvrant en superposition, et compatible avec tous les pigments, le blanc de zinc est idéal en glacis et en transparence. Il n'est pas toxique, offre une bonne stabilité de la couleur et possède de bons pouvoirs colorants en mélange.

Le blanc de plomb
Pour des raisons évidentes de toxicité, le blanc de plomb fut interdit à la fabrication en 1916, mais on en trouve encore dans le commerce sous le nom de blanc d'argent ou de céruse. Son fort pouvoir couvrant, colorant et son éclat le rendent précieux pour les rehauts de lumière. Malheureusement, il grisaille avec le temps et est incompatible avec les pigments sulfurés (cadmiums, vermillons et outremers).



Le noir en détail

Il existe trois catégories de noirs : les noirs de combustion, les noirs de calcination et les noirs oxyde de fer.
On les distingue par leur mode de fabrication. Chaque catégorie comprend des noirs aux teintes différents : il est important de les connaître, surtout lorsqu'on travaille en transparence. enfin, tous les noirs, exception faite des noirs de Mars et oxyde de fer, sont non siccatifs, ce qui implique de longs temps de séchage.

Les noirs de combustion
(noir de fumée, noir de lampe, noir de bougie, noir de carbone)
Ils sont composés de carbone pur et sont employés depuis toujours. Issus de la combustion de bois, de charbon, d'huile, de pétrole, de résines, de gaz divers, etc. Leur toxicité est nulle. Les noirs de combustion ont une excellente stabilité, une grande finesse et sont compatibles avec toutes les couleurs. Leur pouvoir colorant et couvrant est nettement meilleur que celui des noirs de calcination. La plupart d'entre eux ont une tonalité jaunâtre.

Les oxydes noirs de fer
(noir oxyde de fer, noir de Mars)
Ces pigments existent à l'état naturel (magnétite) et se rencontrent à toute époque. Ils sont non toxiques, particulièrement stable et compatibles avec toutes les autres couleurs. Ils ont un pouvoir colorant et opacifiant très élevé. Ce sont des noirs denses, tout indiqués pour les travaux en pâte et au couteau.

Les noirs de calcination
(noir d'ivoire, noir d'os, noir de vigne, noir de pêche)
Composé de carbone et de produits minéraux, ils ont été employés dès la préhistoire. Issus de calcination d'os, de dents ou de bois divers, leur toxicité est nulle. Ils offrent une stabilité remarquable et sont compatibles avec les autres pigments. Ils ont différentes sous-teintes dont il faut tenir compte, surtout lorsqu'on travaille en glacis : jaunâtre (noir de pêche), bleuâtre (noir de vigne), ou rougeâtre (noir d'ivoire).
Brosses et pinceaux sont des outils que tout peintre croit connaître. Mais en passant de l'autre côté du décor, dans l'atelier du pincelier ou sous le microscope, vous découvrirez une réalité scientifique qui conditionne pourtant votre pratique.

 

 

 
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