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PINCEAUX A LA LOUPE
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Brosses et
pinceaux sont des outils que tout peintre croit connaître. Mais en passant de l'autre côté du décor, dans l'atelier du pincelier ou sous le microscope, vous découvrirez une réalité scientifique qui conditionne pourtant votre pratique.
Des écailles...
Le premier rôle d'un pinceau est de bien absorber la couleur afin d'en faciliter l'application sur le support.
Pour cela, première condition : le poil doit être habillé d'écailles, une qualité que seuls les poils naturels possèdent, en particulier la martre, le petit-gris ou la soie de porc. Ces propriétés
capillaires sont responsables de la bonne rétention des pigments et par conséquent de la bonne "trempe" du pinceau. On peut
facilement leur opposer la fibre synthétique qui, trop lisse et glissante, ne peut favoriser une accroche efficace de la couleur.
... et des fleurs
Si toutes les techniques nécessitent
une bonne absorption de la couleur, celles en pâte (huile, acrylique, gouache) ont d'autres exigences. C'est ici qu'interviennent la forme et la finesse de la fleur. Cette extrémité du poil peut être unique (martre, petit-gris) ou multiple (soie de porc). une fleur multiple s'avère plus efficace dans un travail en matière, agissant comme un "râteau" au contact du support, et permet donc à la couleur de pénétrer en profondeur dans les fibres de la toile. Préférez les poils à fleur unique, plus fins, pour les matières fluides (huile diluée, aquarelle).
Un poil hydrophile...
Certaines techniques fluides, telles l'aquarelle ou l'encre, nécessitent des pinceaux capables de retenir l'eau : on parle de poils hydrophiles. Seuls les poils naturels possèdent cette qualité, grâce à leur écailles, contrairement à la fibre synthétique, hydrophobe. Parmi les poils naturels, le petit-gris offre la meilleure performance face à l'eau. Viennent ensuite la martre, l'oreille de boeuf, le putois ou le poney. En dernier apparaît, en raison de son diamètre trop épais, la soie de porc, déconseillée pour les techniques aqueuses.
... et un ventre dense
La touffe du pinceau se caractérise par un certain volume de poils qui lui donne son ventre. La rétention de l'eau est d'autant plus renforcée que le poil est fuselé et son ventre accentué.
Les poils de faible diamètre
réunissent, dans une touffe dense, un maximum d'écailles. Les poils de petit-gris, par leur extrême finesse, sont donc les plus indiqués, tout comme, dans une moindre mesure, les poils de martre. Pour augmenter encore cette qualité de rétention, préférez un pinceau à sortie longue.
Mémoire de forme...
Pour les travaux précis ou nerveux, les balayages, les mélanges délicats sur le support, le pinceau doit bénéficier d'une bonne mémoire de forme. Ressort, nervosité et
élasticité dépendent de la nature spécifique de certains poils : la martre, l'oreille de boeuf ou le kevrin présentent ces qualités. On leur oppose le poil de poney et celui de petit-gris, plus mous, ou la soie de porc, plus rigide.
... et
longueur du poil
Plus la fibre est longue, plus le pinceau est souple. Il faut savoir qu'un poil naturel n'est jamais coupé avant montage : sa tirure uniforme (longueur avant montage, de 25 à 65 mm pour un poil de martre par exemple) est sélectionnée
en fonction de l'emplacement du ventre du poil (sa partie la plus large) et la forme finale du pinceau.
Bilan des qualités respectives
- La soie de porc : ses nombreuses écailles garantissent une bonne absorption de la couleur et son extrémité à fleur multiple permet un travail
vigoureux et des applications régulières de matières pâteuses ou semi-pâteuses (huile et acrylique).
- Le poil de martre : cumule toutes les qualités de souplesse, nervosité, trempe et résistance. Indiquée pour la distribution des couleurs fluides, sa fleur, de la plus grande finesse, la destine aussi aux travaux de précision (miniature, repique...). La martre kolinsky représente le haut de gamme ; la martre rouge est plus abordable.
- Le poil de petit-gris : idéal pour les techniques à l'eau. Son extrême finesse permet d'obtenir des pinceaux au ventre denses, parfaitement hydrophiles.
- La fibre synthétique : appréciée pour sa robustesse, elle convient parfaitement aux peintures agressives (acryliques...).
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